Les sujets glacyens sont pour beaucoup restés éloignés des évènements qui on conduit les Monts Abjects à rejoindre le royaume. Six glacyens tout au plus se sont investis réellement dans cette affaire, tous membres de l’A.A.R., de laquelle tous les sujets glacyens peuvent être fiers pour sa conduite durant ces évènements. Les sujets des autres monarchies (enfin, les courageuses provinces de Milieu et du Lantenac, qui on su résister à la folie de leur roi, mais il y a sans doute un autre article dessus) se demandent ce qui a bien pu se passer là-haut, chez le cousin éloigné et un peu moins incestueux.

Eh bien leur curiosité va être satisfaite.

Les Monts Abjects sont une petite province du nord du cybermonde, assez peu peuplée (mais ça a évolué depuis), et deux villes : Survivance, la capitale, celle qui a connu le joug infâme de Echec Envîrönmentàl (cf infra) et Abjectia, plus petite. Leur culture est principalement esclavagiste. Ils étaient en perte de repère depuis quelques temps : ils sont passés de darkikoo à moules, et de moules à écolos (un comble dans une province aussi froide ! Comme si le réchauffement climatique n’était pas un don de la Déesse). Ils avaient besoin d’aide : qui sait, leur chute idéologique les auraient peut-être mené jusqu’à devenir… non ils avaient touché le fond, en fait. Et le royaume est venu les relever.

Tout commence peu de temps avant la grande guerre qui secoue encore le cybermonde aujourd’hui, et qui fait que l’Augustan est toujours sous férule darkikoo. Monseigneur Livius, le cardinal d’Ecosne est envoyé en ambassade aux Monts, alors qu’ils étaient encore chez les moules. Ils refusèrent gentiment, en proposant juste une collaboration plus étroite entre nos deux provinces. L’histoire en serait peut-être restée là s’il n’y avait pas eu la guerre (1).

Nous l’avions dit, les Monts étaient chez les moules. Or les moules, un peu moins moules que d’habitude, venaient d’assujettir nos cousins ruthvènes, et l’Empire Darkikoo, dans un élan d’intérêt bien compris, se décida à respecter une alliance contractée avec la Ruthvénie et à soumettre les moules. Comme de juste, ils y arrivèrent sans problème, et les Monts se sentirent en danger, dernière province moulesque, véritable kyste sur la carte de l’état-major darkikoo. Et alors, je ne sais pas trop comment, je n’étais pas là, il passèrent écolo. Pas de chance : dans un élan de stupidité caractéristique, les necrodendrophiles (on va pas faire de mal à un arbre vivant) attaquent l’Empire Darkikoo. A nouveau, l’empire choisi par les abjectiens vient de se suicider. Après un échange stratégique avec leur allié bourgeois (qui sont entrés en guerre ensemble contre les prolos), ce qui devait arriver arriva : la seconde armée du monde (derrière l’A.A.R.) entrait à Survivance.

Les abjectiens se souvinrent de la proposition d’aide de leur puissant voisin. Nous imaginions divers procédés : le Capitaine du Désert de Glace recruta des troupes et le Général des Armées Royales de l’A.A.R., qui n’était que Colonel, la mobilisa. Si l’action du Capitaine était promise à l’inutilité (on se demande toujours comment il justifie son salaire), l’action du Colonel devait changer le cours des évènements (alors que lui n’est pas payé).

En effet, au grand désespoir de ces grands hommes, qui en plus d’être schizophrènes cherchent la bataille autant que la victoire, l’Empire Darkikoo voyait d’un Mauvais (c) œil l’action glacyenne. Il était content que la province ne retourne pas à la necrodendrophilie sans avoir à occuper cette province. A l’époque il n’était question que de rebellisation, pas encore vraiment d’adhérer au royaume : cette adhésion fut très naturelle une fois les Monts rebelles. Après une rebellisation menée avec panache et célérité, l’armée darkikoo se retira en Augustan. La foule des gueux abjectiens vinrent se jeter aux genoux des glorieux soldats glacyens (2), sans doute pour éviter de se faire tondre. La paix étant assurée aux frontières, l’adhésion de la future principauté d’Abjectie acceptée, il était temps de construire un ordre nouveau.
L’auteur de cette révolution parfaite fut Fitz Fahrsear. Grand homme, il avait pris le pouvoir pour le rendre. Mais selon l’axiome bien connu, c’est celui qui ne veut pas du pouvoir qui est le meilleur pour le posséder. La Déesse qui le sait mieux que personne a envoyé un songe à tous les hommes de bonne foy des Monts, présentant Fitz Fahrsear couronné Prince d’Abjectie. La liesse populaire fut énorme, et sans tenir compte des dénégations de Fitz Fahrsear, il fut couronné par le roy lui-même prince d’Abjectie. Et hop, un petit coup de langue

Les problèmes, cependant, n’étaient pas terminés. Si les fidèles sujets prirent des places ans l’administration provinciale, personne ne voulu des duchés. Celui d’Abjectia fut pris à titre temporaire par Son Éminence Livius, et celui de Survivance par Echec Envîrönmentàl (3).

Ce dernier, un illuminé qui camoufle son athéisme derrière une pseudo-mystique vulgaire, et qui se révèlera par la suite encore plus schizo que le militaire sus-cité, voulu transformer la capitale abjectienne en athéocratie. Le Prince étant parti en pèlerinage (en plus d’être un homme juste, c’est un homme de foy et un deuxième) personne ne réagissait. Notre Armée prit son courage à deux mains et alla bouter le Malin hors du royaume. Après avoir destitué l’hérésiarque, elle administra Survivance jusqu’à ce que le Prince, revenu de pèlerinage, nomme Yytymny duc de Survivance.

C’est ainsi que le calme et la prospérité sont revenus dans une province minée par un manque d’identité, grâce à l’action conjointe de la Déesse, du Roy, de l’Armée et des sujets. Souhaitons à nos frères abjectiens que cela ne change jamais.


Général des Armées Royales Johannes « Michigan John » Biskram
Capitaine du Désert de Glace

(1): Ah, la guerre, moteur de l’histoire ! Sans elle, pas de science, pas d’honneur, pas d’économie, …
(2): D’où l’augmentation de la population évoqué au début de cet article. La gueuse accouche vite.
(3): A titre temporaire aussi. Mais lui ne le savais pas.

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